Abstract

En 1808 puis en 1824, Georges Cuvier signala dans la région du Mans la présence de restes de crocodiles fossiles à partir desquels fut créée l’espèce Crocodilus maunyi GRAY, 1831. Il avait été informé de ces découvertes par le naturaliste manceau Louis Jean Charles Maulny (1758–1815) et par Jean Antoine Daudin (1749–1832), premier conservateur du Muséum d’histoire naturelle du Mans. Faute de figures publiées, ce matériel est resté énigmatique durant deux siècles. Des aquarelles inédites conservées dans les archives de Georges Cuvier permettent de dévoiler les spécimens qu’il avait décrits sous le nom de « crocodiles fossiles des environs du Mans ». Ils comprennent des dents, des vertèbres et des portions de mâchoires de crocodylomorphes marins et de plésiosauriens découvertes dans le Mésozoïque de la Sarthe (Bathonien, Callovien, Cénomanien ?). Un de ces dessins présente une dent de pliosaure du Bathonien de Bernay-en-Champagne qui serait la plus ancienne découverte d’un représentant de ce groupe. Deux autres aquarelles montrent une portion de mandibule d’un crocodylomorphe marin (Thalattosuchia, Metriorhynchidae indéterminé) et une vertèbre de plésiosaurien (Plesiosauria indéterminé) du Callovien moyen de Chaufour-Notre-Dame, toujours conservées au Musée Vert, le muséum d’histoire naturelle du Mans. Ces deux spécimens furent découverts en 1816 par un amateur local, le docteur Eusèbe Marie Tendron (1778–1854). Crocodilus maunyi GRAY, 1831 reste néanmoins considéré comme un nomen dubium au regard du manque de caractères diagnostiques de l’ensemble de ses syntypes.

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