Abstract

Lotbinière Sand and Deschaillons Varves are indicators of the drainage pattern of the St. Lawrence watershed, which presumably occurred during the Late Sangamonian (5c and 5c–5b transition?). The pollen content of the Lotbinière Sand suggests there was a Picea marianaBetulaPinus boreal forest in the valley. In the lowermost zone of the Deschaillons Varves, the pollen is very abundant: the boreal forest was progressively flooded by Lake Deschaillons. Above this zone, the vegetation seems to evolve toward a Picea and Betula open forest. The pollen of the upper contorted varves was presumably reworked from older material or transported from remote sources. The following paleoenvironmental sequence is reconstructed in the St. Lawrence Valley: (i) lowering of the relative drainage level, as indicated by the erosional disconformity in lower rythmites; this phase, of unknown duration, is ascribed to an eustatic lowering related to a global climatic cooling; (ii) an aggradation phase, as indicated by the Lotbinière Sand, before and at the beginning of a glacial damming in the middle estuary; (iii) progressive flooding of the valley and its boreal forest as ice caps are present on adjacent Laurentian and Appalachian highlands; (iv) expansion of Lake Deschaillons, limited by the Glens Falls sill, New York. The relative elevation of the lake was at least 56 m. Great Lakes and upper St. Lawrence River drainage system was probably deflected to the Hudson River. According to the number of varves, the regional ice caps preceded the general invasion by Laurentide Ice Sheet of approximatively 3800 years.

Le Sable de Lotbinière et les Varves de Deschaillons sont les témoins du mode de drainage du bassin-versant du Saint Laurent, lequel s'est produit probablement au cours du Sangamonien récent (5c et transition 5c–5b?). Le pollen du Sable de Lotbinière évoque une forêt boréale à Picea marianaBetulaPinus. À la base des Varves de Deschaillons, le pollen. très abondant indique que la forêt boréale de la vallée du Saint-Laurent a été progressivement inondée par le Lac de Deschaillons. Au-dessus, la végétation semble évoluer vers une pessière à bouleau de plus en plus ouverte. Les varves supérieures, déformées, contiennent du pollen remanié ou d'origine lointaine. La séquence paléoenvironnementale dans la vallée du Saint-Laurent serait la suivante : (i) une phase d'abaissement du niveau de drainage relatif, représentée par le contact d'érosion dans des rythmites sous-jacentes; cette phase, de durée indéterminée, est attribuée à un abaissement du niveau eustatique et à un refroidissement climatique généralisé; (ii) une phase de remblaiement représentée par le Sable de Lotbinière, avant et au début d'une obstruction glaciaire du moyen estuaire; (iii) une inondation progressive de la vallée et de la forêt boréale tandis que des calottes glaciaires sont présentes latéralement sur les Laurentides et les Appalaches; (iv) une extension du lac glaciaire de Deschaillons, limitée par le seuil de Glens Falls, New York. L'altitude relative du lac était supérieure à 56 m. Le drainage des Grands Lacs et du haut Saint-Laurent a probablement été dévié vers l'Hudson. Le nombre de varves indique que les calottes régionales ont précédé d'environ 3800 ans l'invasion généralisée de la vallée par l'Inlandsis laurentidien.