Abstract

Cette étude réalisée à partir de l’analyse croisée des archives, des registres d’accidents, des données météorologiques d’Environnement Canada et de cartes et photographies anciennes illustrant l’évolution des déboisements et de l’urbanisation à Québec et à Lévis depuis le début du XIXe siècle, a permis de mieux cerner les conditions météorologiques et les facteurs de terrain propices au déclenchement des avalanches sur les courtes pentes du Québec. Nos résultats démontrent que les chutes de neige abondantes couplées à de forts vents sont la principale cause des avalanches sur les courtes pentes du Québec méridional. Les avalanches se produisent sur des pentes fortement inclinées dont le dénivelé est le plus souvent compris entre 30 et 80 m. Les zones de départ des avalanches sont généralement situées à moins de 100 m d’altitude. Les pentes avalancheuses sont dotées au sommet d’une surface plane, déboisée, qui permet le transfert de la neige par le vent et la surcharge rapide des hauts de versant, ce qui favorise un régime d’avalanches calqué sur les tempêtes. Dans la région de Québec et de Lévis, les avalanches, beaucoup plus fréquentes à la fin du XIXe siècle que par la suite, sont une création humaine qui fait suite au déboisement. La forte activité avalancheuse de la fin du XIXe siècle s’explique par des chutes de neige plus abondantes, par des tempêtes de neige plus fréquentes, par le déboisement des pentes et par une utilisation du sol (agriculture) propice au transport nivéo-éolien. Le reboisement des versants et l’urbanisation croissante du replat au sommet des versants tout au long du XXe siècle a réduit les transports éoliens et fortement diminué les risques d’avalanche.

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