Abstract

À Rivière-Blanche, sur la rive sud de l’estuaire maritime du Saint-Laurent, le rivage argileux et rocheux est, en grande partie, couvert de cailloux, de taille et de nature lithologique variées, d’origine locale et lointaine. Un relevé portant sur plus de 31 000 blocs a donné 31% d’éléments précambriens (gneiss, granite, anorthosite, etc.) provenant du Bouclier Laurentidien situé, à plus de 40 km, sur la côte nord du Saint-Laurent, et 69% d’éléments appalachiens, comprenant principalement (45%) des grès et des grauwackes. On y a trouvé aussi des cailloux de dolomie (1,5%), une lithologie peu répandue dans le Bouclier et les Appalaches. Parmi les 1242 cailloux de dolomie de diverses variétés qui ont été observées, ceux à coraux tabulés (Cladopora) sont exclusifs au rivage de Rivière-Blanche, alors que plusieurs autres variétés sont communes aux deux rives de l’estuaire. La source lointaine la plus plausible de la majorité des erratiques de dolomie du rivage de Rivière-Blanche demeure le bassin sédimentaire de Mistassini, d’âge Protérozoïque, alors que certaines variétés, notamment celle qui contient des coraux, proviennent des formations du Siluro-Dévonien des Appalaches dont les plus proches affleurements sont situés dans le secteur NO du lac Matapédia, à entre 25 et 30 km de la côte. Quelle que soit leur source, les cailloux erratiques de dolomie ont d’abord été transportés par des courants de glace régionaux, au Wisconsinien supérieur, avant d’être relachés dans la Mer de Goldthwait par des icebergs. Les cailloux de dolomie à coraux tabulés (Cladopora) confirment l’existence d’un courant de glace vers le nord, entre le lac Matapédia et Rivière-Blanche, au début de la déglaciation, après la formation d’une crête de dispersion des glaces appalachiennes située approximativement à la latitude de Lac-au-Saumon.

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